LE SYSTEME
En montagne, quelque soit l’activité pratiquée, c’est le système "multicouche" qui est actuellement le plus employé. La superposition des couches vise à apporter un maximum de confort en jouant des différents tissus et de leur interaction. C’est un système de protection efficace et polyvalent, à condition que chaque couche soit performante. A l’image d’une chaîne Hi-Fi, l’élément le moins performant empêche les autres éléments d’exprimer leurs qualités.
Le multicouche est le plus souvent constitué de trois couches, il est possible de ne porter qu’une ou deux couches seulement en fonction des conditions atmosphériques.
1. La première couche = la peau au sec
L’humidité est l’ennemi de l’équilibre thermique. Le sous-vêtement en fibre synthétique (pour la plupart) se porte à même la peau et permet de rester au sec, même pendant l’effort. Il existe plusieurs épaisseurs de sous-vêtements : les plus fins évacuent rapidement la transpiration et sèchent vite mais sont peu chauds, les plus épais sont plus chauds mais évacuent plus lentement la transpiration et sèchent moins vite...
Il faut bannir les sous-vêtements en coton : l’effet "éponge" retient la transpiration et refroidit le corps !
Bien évidemment le confort au toucher est primordial. Un sous-vêtement doit rester doux et ne provoquer aucune irritation. La construction et les coutures sont étudiées pour éviter toute surépaisseur. L’emploi d’une fibre extensible (stretch) apporte une liberté de mouvements : le sous-vêtement reste en place et suit les mouvements du corps même durant les phases les plus actives.
2. La deuxième couche = avoir chaud
La veste en fibre polaire s’utilise comme régulateur thermique. Elle apporte chaleur et confort. Elle remplace avantageusement le pull en laine encore utilisé en montagne il y a une vingtaine d’années : la fibre polaire est plus légère et sèche plus vite.
Devant le succès remporter par cette fibre Polyester, certains ont essayé de la copier avec plus ou moins de bonheur (plutôt moins d’ailleurs...). Afin d’éviter toute mauvaise surprise, il faut retenir que l’étiquette "POLARTEC" de Malden est synonyme de qualité. La société MALDEN MILLS est la créatrice et le leader mondial de la fibre polaire (la vraie !) et la plupart des grandes marques de vêtements de montagne commercialise leurs vestes et leurs pantalons "polaires" en Polartec.L’épaisseur de la fibre s’exprime en grammage au m² : Polartec 200 pour les produits typés randonnée et alpinisme, Polartec 300 pour les activités plus statiques.
Mais le tissu en maille polaire n’est ni étanche, ni coupe-vent. C’est pour cette raison qu’il ne constitue que la deuxième couche du "multicouches". Cependant le développement d’une membrane (Windbloc de Malden, Windstopper de Gore-tex ) peut remédier à cet inconvénient et permettre une utilisation plus large. Cette membrane doit être emprisonnée entre deux couches de polaire si l’on ne veut pas ressentir l’effet froid du vent arrêté sur la peau. Dans cette configuration, certains modèles peuvent s’employer en "couche extérieure". Cependant, en cas de fortes intempéries, ils ne sauraient remplacer un vêtement imperméable et respirant.
3. La troisième couche = se protéger des intempéries
La surveste ou le sur-pantalon est en contact avec la pluie ou la neige. La troisième couche doit donc posséder une excellente imperméabilité ET une très bonne respirabilité. Si la matière n’est pas respirante, le gain en protection est contrecarré par le problème de condensation. Il existe deux grands types de tissus : les membranes microporeuses et les tissus enduits.
Une membrane est un film synthétique fin, non tissé. Fragile à l’état brut, elle doit être associée à d’autres tissus pour être opérante. La plus efficace est le Gore-tex (GTX). Le Gore-tex est une membrane de Téflon expansé. Cette membrane présente la particularité de posséder 1,4 milliard de pores par cm2. Ca fait beaucoup de trous et trois qualités essentielles :
_ L’imperméabilité
Il est impossible aux gouttes d’eau 20000 fois plus grosses que les pores de la membrane (0,2 micron) de la traverser sous une pression humainement supportable ! Afin de préserver cette qualité, toutes les coutures effectuées lors de la confection du vêtement sont étanchées : à l’aide d’une machine à souder, on applique à chaud sur les coutures une bande adhésive (en Gore-Tex également) qui fait écran à toutes les infiltrations.
_ La respirabilité
Ce qui importe pour un vêtement de montagne, c’est sa capacité à évacuer la transpiration. Les molécules de vapeur d’eau sont 700 fois plus petites que les pores de la membrane Gore-tex. Celles-ci s’échappent donc facilement. L’humidité du corps peut alors s’évacuer au travers de la membrane sous forme de vapeur d’eau : EAU > GTX > VAPEUR D’EAU.
_ L’effet coupe-vent
La structure microporeuse est conçue pour casser le force du vent et lui interdire ainsi de pénétrer à l’intérieur du vêtement.
La membrane Gore-tex connaît de nombreuses applications dans des domaines aussi variés et pointus que le médical (veines, tissus), l’électronique (câbles, isolation), l’environnement (filtres) et bien évidemment le textile (vêtements et chaussures). Pour la fabrication de vêtements, elle est associée à différents tissus selon leur usage.
Les "laminés Gore-tex 3 couches"
La membrane est laminée avec le tissu extérieur et la doublure. La haute résistance du laminé permet la confection des vêtements techniques très sollicités (alpinisme). Les "laminés Gore-tex 2 couches"
La membrane est laminée avec le tissu extérieur. Un tissu de doublure doit être rajouté lors de la confection du vêtement. Plus souple que le trois couches, le laminé 2 couches permet la réalisation de vêtement technique plus facile à porter.
Le "Gore-tex Z Liner"
La membrane est laissée libre entre le tissu extérieur et la doublure. Les vêtements restent très souples et sont appréciés pour le ski, la randonnée légère.
Le "Gore-tex Light"
La membrane est laminé sur un tricot Nylon et correspond à une doublure 2 couches. Léger et souple, il permet la confection de vêtements de loisirs
Le "Dryloft" est spécialement conçu pour les produits isolants en empêchant l’air froid de rentrer et l’air chaud de sortir. On le retrouve donc sur des sacs de couchages et des vestes en duvet.
Le Gore-tex est également utilisée en doublure interne pour assurer l’imperméabilité de chaussures et d’accessoires comme les gants (important en escalade glaciaire ou hivernale) et les bonnets.
L’enduction est le dépôt d’une couche de produit (une "pâte"), qui vise à obtenir les mêmes qualités qu’une membrane. Si de gros progrès ont été accompli dans cette technique, la performance imperméabilité/respirapilité n’atteint pas celles du Gore-tex. Mais il existe de grande disparité dans la qualité d’une variété à l’autre : attention aux bas prix : petit prix, petite protection ! Alors qu’on a eu de cesse de reprocher au Gore-tex son coût élevé, on constate aujourd’hui que les meilleures enductions sont elles aussi fort chères !
