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Les origines

L’Homme n’est pas apparu spontanément en Amérique du Sud, les premières ethnies étaient arrivées par le détroit de Béring et probablement par le Pacifique Sud il y a plus de 10000 ans, bien que de récentes découvertes archéologiques feraient remonter les premières migrations à 40 000 ans. Le Chili fut la dernière zone des Amériques à être peuplée.

Des diverses ethnies indiennes, les Mapuches (littéralement, « les gens de la Terre ») furent la civilisation la plus importante de cette région du continent. Vers 1450, les Incas envahirent le Chili actuel mais ne purent jamais occuper le territoire Mapuche. La présence inca dura peu de temps, bien moins d’un siècle, et ne laissa que peu de traces au Chili.

La conquête espagnole

À l’arrivée des Espagnols, le territoire qui deviendra le Chili était habité par des centaines de milliers d’Amérindiens appartenant à des cultures différentes. Les Amérindiens vivaient principalement de l’agriculture et de la chasse.

Le premier Européen à découvrir le territoire de l’actuel Chili fut le Portugais Magellan à l’initiative de Carlos I, roi d’Espagne. Parti de Sanlúcar de Barrameda le 26 septembre, Magellan a reconnu une grande partie des côtes du Brésil et de l’Argentine, puis a découvert le détroit qui porte son nom et qui relie le Pacifique avec l’océan Atlantique, le 1er novembre 1520, date importante de l’histoire chilienne. Lors de la traversé de ce détroit, Magellan dut essuyer de terribles tempêtes et à la sortie du détroit, il rencontra un océan aux eaux plus calmes. Il baptisa alors cet océan du nom de « Pacifique ».

En 1535, Diego de Almagro, lieutenant de Francisco Pizarro, maître du Pérou, commença la conquête du Chili. A nouveau, les Indiens Mapuches, situés dans la partie du Sud de l’actuel Chili furent les seuls à résister farouchement aux Espagnols et mirent en déroute les troupes des conquistadors.

Une nouvelle expédition fut envoyée avec à sa tête Pedro de Valdivia en 1540 et 1541. Cette expédition compta 175 Espagnols et un grand nombre de supplétifs amérindiens. Elle contourna les Mapuches par la mer et Pedro de Valdivia fonda le 12 février 1541 la ville de Santiago puis soumit la région à la domination espagnole. Valdivia mourra en 1553 lors d’un combat avec les Mapuches, mais le mouvement de colonisation est lancé.

Les Espagnols n’y découvrirent pas les immenses quantités d’or et d’argent qu’ils espéraient, mais ils se rendirent compte des atouts que la zone pouvait représenter en matière d’agriculture. En 1683, l’esclavage est aboli et cela permet d’établir des relations plus sereines entre les colons et les mapuches. Par la suite, divers affrontements ont lieu jusque vers le milieu du XIXe siècle pour la possession de terres les plus australes. Durant une longue période, le fleuve Bio Bio marque la frontière entre le gouvernement colonial et les ethnies amérindiennes.

Bien plus tard, les troupes républicaines chiliennes se heurtèrent elles aussi à la résistance acharnée mapuche qui dura jusqu’à la fin du XIXème siècle. Au total, les Mapuches défendirent leur territoire pendant plus de 350 ans, ce qui donna lieu à l´une des guerres les plus longues de l´histoire de l’Humanité.

L´indépendance du Chili

En 1809, lannonce de l´arrestation du Roi d´Espagne, Fernando VII, par Napoléon agit comme un détonateur en Amérique Latine : la toute puissante Espagne nest plus invincible et naissent ainsi les premiers cris de l´indépendance. Commence à cette époque des mouvements de révolte à travers tout le continent et peu à peu les pays américains obtiennent leur indépendance. Le 18 septembre 1810 sera proclamée l´indépendance du Chili mais celle-ci ne sera effective qu´en 1818, année où Bernardo O´Higgins et son homologue argentin, José San Martin libère le pays du joug espagnol. Bernardo O´Higgins deviendra le premier Président du pays et promulgue une constitution, établit un sénat et abolit les titres aristocratiques.

Ensuite, contrairement aux autres pays d’Amérique latine, le Chili a subi relativement peu de coups d’État et graves troubles sociaux.

A noter, un événement singulier de l´histoire patagonienne, la plus étrange épopée qui puisse se concevoir… Un aventurier français, Orélie Antoine de Tounens débarque au Chili en 1858 et se fait proclamer Roi d´Auricanie et de Patagonie sous le nom d´Orélie Antoine Ier en 1861. Utilisant l´hostilité des Mapuches envers l´Etat chilien, il réunit une armée de 40 000 hommes et déclare la guerre au Chili.

Fait prisonnier il est condamné, accusé de folie pour être finalement contraint à l’exil et remis à un navire de guerre français. Son règne sur le Royaume de Patagonie dura à peine quelques années mais aujourd´hui encore, certains de ses descendants continuent à aspirer au Trône et se font appeler « Princes du Royaume de Patagonie et d´Araucanie ».

La guerre du Pacifique ou la guerre du salpêtre

Au milieu du XIXème siècle, le désert d´Atacama, appartenant en majorité au Pérou et à la Bolivie, avait acquis une grande valeur économique grâce à la découverte d´énormes gisements de salpêtre, matière première servant comme engrais naturel et poudre à canons.

Ces gisements attisèrent la convoitise de l´Etat chilien et l´armée occupa Antofagasta en 1879. Deux ans plus tard, les troupes chiliennes arrivent jusqu´aux portes de Lima et annexent les provinces péruviennes de Tarapaca, Arica et Tacna ainsi que de l´ancienne province bolivienne d´Antofagasta, privant la Bolivie de tout accès à la mer. La victoire du Chili profita surtout aux Anglais qui achetèrent à bas prix les gisements de salpêtre. Mais, le Chili s´empara des terres boliviennes où se situe l´actuel mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre du monde et qui enrichit aujourd´hui son économie.

Histoire contemporaine du Chili

Salvador Allende

Devenu le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste, Allende ne dispose pas de la majorité parlementaire. Il décide alors de gouverner par décret, ce qui lui évite de passer par le Parlement alors que des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir une légitimité révolutionnaire. C’est ainsi qu´Allende met en place une grande réforme agraire et que de multiples entreprises et sociétés sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix et les mines de cuivre qui représentent les trois quarts des exportations).

Soutenus par les États-Unis, l’opposition conservatrice et les démocrates chrétiens sont incapables d’enrayer les réformes d’Allende malgré leur domination commune au sein du parlement.

Les États-Unis sont farouchement opposés à la politique menée par Allende. L’administration Nixon commence à exercer des pressions économiques sur le Chili par l’intermédiaire d’organismes multilatéraux et continue de soutenir les adversaires d’Allende au congrès chilien. Dès 1971, les États-Unis cessent leur aide au Chili et découragent les investissements internationaux. Les États-Unis soutiennent l’opposition et vont jusqu’à financer des grèves de camionneurs chiliens, afin de paralyser les transports internes du pays. Les mesures de reforme de Allende furent rejetées par la droite, sauf le projet clé de Gouvernement qui fut soutenu par tous les secteurs politiques du pays : la nationalisation du cuivre. Le 15 juillet 1971, le projet fut approuvé de façon unanime par les deux chambres. L’État, à travers Codelco Chili, deviendrait propriétaire de toutes les entreprises de cuivre, qui recevraient des indemnisations, soustraites des "profits excessifs" qu’elles avaient faits ces dernières années, résultat des impôts faibles ou nuls qu’elles payaient. Ainsi, Anaconda et Kennecott, deux des principales entreprises minières, ne reçurent aucune indemnisation pour les mines de Chuquicamata et El Teniente, ce qui produisit, de la part d’Henry Kissinger, un boycott du gouvernement d’Allende qui lui barrait la route aux prêts internationaux.

La dictature et le 11 septembre chilien

Le coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili a été dirigé par le tristement célèbre Augusto Pinochet, nommé quelques semaines auparavant Général en chef des armées par Allende lui même…

Il a suspendu la constitution, interdit les partis politiques et les syndicats opposants, remplaçant le gouvernement démocratiquement élu par une dictature militaire.

Le Parlement fut fermé et les juges, en théorie, exerçaient toujours un pouvoir autonome, mais dans la pratique se limitaient à corroborer ce que le gouvernement décidait, sans remettre en cause les abus contre les Droits de l’Homme.

L’essence même de la dictature fut la répression, plus de 3000 personnes disparues ou assassinées, 35 000 personnes torturées systématiquement (dont l´actuelle Présidente Michelle Bachelet), 300 000 autres détenues par des organismes du gouvernement, ainsi que des centaines de milliers de personnes condamnées à l’exil.

Pendant la dictature, la musique populaire a joué un grand rôle contre l’oppression. La seule musique folklorique autorisée fut celle dépouillée de toute critique sociale. Le chanteur engagé Victor Jara l’a d’ailleurs payé de sa vie.

De 1990 à nos jours

Pinochet, critiqué depuis un certain temps par ses alliés Américains et voulant légitimer sa position à la tête de l´État, organise un referendum dans le but de rester encore de longues années au pouvoir. Le NON à Pinochet remporte les élections et le régime, gardant un poids certain au sein du Sénat, accepte de passer le pouvoir à Patricio Aylwin, représentant de la « Concertación », la coalition de partis qui s’était opposée à la dictature ces dernières années.

La « Concertación » a obtenu de très bons résultats sur le plan économique. Durant la décennie des années 90, le PNB a augmenté de 6% par an, le meilleur résultat pour un pays latino américain et parmi les meilleurs au niveau mondial.

Le retour à la démocratie a signifié aussi le rétablissement de libertés fondamentales (liberté de la presse, de réunion, etc..). Les progrès ont été notables, mais l’héritage provenant de la dictature n’a pas pu être éliminé totalement. En 1991, fut publié un rapport identifiant les victimes de la dictature mais non les responsables, et la loi de l’autoamnistie de 1978 est toujours en vigueur. Cela se doit en partie à ce que les anciens partisans de la dictature maintiennent un poids important au sein du Congrès, empêchant la votation de lois qui reformeraient de manière plus approfondie la Constitution. Mais d’autre part, la « Concertación » a peu insisté sur ces reformes, préférant se consacrer à stimuler la croissance économique et insistant sur l’importance d’arriver à la réconciliation nationale pour effacer l’héritage de la dictature.

Un des problèmes majeurs actuel est l inégalité de la redistribution des richesses. Il y a unanimité entre les partis politiques pour critiquer le bas niveau de l’éducation publique, une des principales causes de ces inégalités. En 2006, il y eu de grandes manifestations estudiantines exigeant une réforme de l’éducation, reforme qui est à l’heure actuelle à l’étude.