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Roadsworth attaque Santiago

Les passages piétons de la capitale chilienne sont les nouvelles toiles de l’artiste canadien Roadsworth, connu pour transformer les éléments habituels des villes en fenêtres pour l’activisme social avec seulement un pot de peinture.
La rue est sa page blanche et la bombe, son crayon avec lesquels il met en évidence les maux de la société capitaliste : « l’art de rue est un moyen de communication alternatif, et la rue est une grande toile sur laquelle il nous faut développer notre activisme », a déclaré Peter Gibson, l’homme derrière le masque de gaz de Roadsworth, lors d’une interview avec Efe.

Et si à Montréal quelques oiseaux jaunes exigent une piste cyclable, dans le centre de Santiago, les symboles mapuches du passage piéton de la Plaza Italia tentent d’ « inverser le colonialisme ». « Je voulais partir d’une espèce de drapeau mapuche et le mettre dans le centre d’un emblème du libéralisme, parce qu’à l’instar de mon pays, ici aussi les grandes firmes prolifèrent de manière excessive », met-il en évidence.
Bien qu’il admette que cela lui pose problème d’être un « gringo » qui donne son avis sur des questions qui « peut-être échappent à son entendement », Gibson aimerait que « chacun s’implique dans sa communauté, sous la forme qu’il préfère ».

Quand il s’est emparé de sa bombe, il ne pensait pas faire des œuvres d’art, en plus de lutter contre le froid du Canada, il voulait simplement énoncer publiquement les améliorations dont sa ville avait besoin.
Mais après avoir été arrêté à plusieurs occasions, l’impossible arriva : « Tout d’un coup, les mêmes personnes qui m’avaient arrêté et donné des amendes, ont commencé à m’employer pour participer à des projets pour la mairie », se souvient Roadsworth.

Peter Gibson s’est inspiré d’Andy Goldsworthy pour le choix de son nom. Il s’agit d’un artiste connu qui prend des éléments de la nature et les manipule, les transforme jusqu’à arriver à un résultat esthétique qui disparaît après la prise de photo. L’artiste canadien fait la même chose, mais avec son environnement spécifique, les grandes métropoles urbaines.

Roadsworth croit qu’il y a une « différence essentielle » entre peindre de forme légale et peindre illégalement, et de fait, il ne sait pas s’il oserait appeler « art de rue » ses œuvres sponsorisées.

Dans tous les cas, depuis le 3 décembre, ses poissons colorés unissent deux des marchés les plus visités de la capitale chilienne. Désormais, le secteur de « Quinta Normal » est la 9ème victime des semelles de ce canadien, qui participe à la 2nde édition du festival d’art de rue Fait Maison, avec deux de ses idoles, Inti et Blu.


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