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Egon Wolff, Prix National des Arts de la Représentation


Egon Wolff, écrivain le plus engagé de la Génération littéraire de 1950 au Chili, vient d’obtenir le Prix National des Arts de la Représentation pour son œuvre Les envahisseurs, remise en scène au Centre Culturel Gabriela Mistral.
La version originale de la mise en scène de la pièce date de 1963. Dirigée par Victor Jara et jouée par Tennyson Ferrada et Belgica Castro entre autres, elle a fait polémique à cause de sa description impitoyable des antagonismes sociaux.

Bien qu’il ait entamé à l’origine une carrière d’ingénieur-chimiste, il a écrit une vingtaine de pièces de théâtre toutes reconnues, parmi lesquelles Les Fleurs de Papier, La Maison des Mulets, Le Radeau de la Méduse. Ses pièces ont été mises en scène et présentées dans plus de trente pays. Touché par la tuberculose, il s’est installé du côté de Quilpué où il a fait la connaissance de l’acteur de théâtre Eugenio Guzman qui jouait à l’époque dans La mort d’un vendeur d’Arthur Miller.

« C’est à ce moment-là que je suis tombé amoureux du théâtre. Je suis allé le voir 10 fois, je me suis procurer les textes et avec un manque de modestie impressionnant, je me suis dit : je peux faire la même chose. C’est ainsi que je me suis embarqué dans le théâtre. », avoue-t-il au Revista Réplica.

Dans ses pièces, Egon Wolff a développé un style original, avec des retournements argumentaires et une constante : il répète la scène du début de la pièce à la fin, ce qui donne une signification spéciale à ses textes.
Ses œuvres abordent surtout des thèmes sociaux, politiques, existentialistes aux entournures, tels les conflits entre classes sociales, axe de sa pièce Les envahisseurs, les fractures familiales et générationnelles, et la décadence sociale.

«  Mes œuvres les plus connues surgissent dans un contexte marqué par une pensée politique et sociale très particulière, comme on peut le voir dans ‘Les envahisseurs’ ou ‘Les fleurs de papier’. Il y avait de l’agressivité dans ces pièces, une opposition à la manière dont les choses se faisaient, et continuent de se faire. Mais après la mort de ma femme (1995), j’ai changé d’état d’esprit, me suis réconcilié avec la vie et je suis entré dans une période de tolérance plus grande, qui se reflète dans mes dernières pièces. Dans ces moments, j’étais complètement réconcilié avec le monde  », a-t-il raconté en 2011 à La Tercera.


La Génération littéraire de 1950 a marqué les lettres chiliennes par son scepticisme radical face à la vie et à la littérature chilienne antérieure, cherchant par-dessus-tout à dépasser son caractère créole. Pour cette raison, ses écrivains ont été catégorisés comme indifférents aux problèmes sociaux. Une des raisons de ce scepticisme a été les changements profonds de la société, tant au niveau national qu’international qu’ils ont expérimentés. Ces écrivains ont alors considéré – dans leurs œuvres – la réalité comme mascarade, totalement sujette à la conscience humaine.


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