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Coraux en eau froide : la jungle inconnue sous la mer patagonne


Rhian Waller a passé une décennie à faire des recherches sur les coraux du monde. En ce moment, et avec l’appui de National Geographic, elle finalise son étude d’une des espèces uniques et millénaires de coraux de la planète, située près du Fjord Comau (sud du Chili).

Le Fjord Comau, Région des Lacs du Chili, est unique au monde. Dans ses eaux froides (8ºC) habite un type de corail très peu étudié, qui fait partie des espèces les plus vieilles de la planète. Il peut vivre plusieurs centaines, voire milliers d’années.

“Il y a des énormes plateformes de corail dans les eaux froides de Patagonie, beaucoup plus que dans d’autres endroits de la planète. Cette zone est vraiment unique au monde », souligne Rhian Waller, docteur en Sciences de la Mer de l’Université du Maine (Etats-Unis).

Waller, qui a participé a plus de 40 croisières scientifiques internationales, publié plus de 30 études scientifiques et ainsi consacré presque une décennie à faire des recherches sur les coraux du monde, vient de passer un mois à étudier les coraux de la Patagonie chilienne, lors d’une expédition financée par National Geographic et soutenue par la Fondation Huinay.

La chercheuse s’est focalisée sur la recherche du corail de pierre (desmophyllum dianthus), une espèce qui, si elle n’est pas exclusivement présente au Chili, ne peut être trouvée en abondance et en surface que dans les Fjords Comau et Reñihue. « Ce corail est habituellement une espèce qui vit en eau profonde, à plus de 1000 mètres de profondeur. Mais les fjords chiliens sont uniques, et là-bas il est possible de tomber sur cette espèce en surface, à seulement 20 mètres de profondeur ; il est ainsi possible de plonger pour l’étudier ».

Le corail de pierre est une espèce solitaire qui ne construit pas de récif, et qui, comme le reste des coraux d’eau froide, dépend de la capture du plancton pour s’alimenter.
C’est ce qui le différencie des coraux tropicaux, qui eux possèdent une algue photosynthétique à l’intérieur de leurs tissus « pour laquelle ils ont besoin de lumière du soleil et de chaleur pour survivre ». Sans cette algue, les coraux peuvent vivre n’importe où, au fond de l’océan (à plus de 6000 mètres de profondeur), dans des régions polaires et des fjords d’eau froide.

Les coraux forment un habitat au fond de l’océan, et créent ainsi un foyer pour beaucoup d’autres animaux, qui peuvent s’y reposer, y manger et s’y reproduire. Par ailleurs, ils ont une place importante dans le cycle de vie de poissons et de crabes. « Ils sont irremplaçables dans l’écosystème ».

“Ces coraux d’eau froide vivent déjà dans des conditions extrêmes et plus acides que les coraux ‘normaux’, par conséquent n’importe quel changement de température ou d’acidité pourrait les faire dépasser la limite de ce qu’ils peuvent supporter », indique l’experte.

C’est pourquoi l’objectif de cette expédition est d’observer la reproduction et le développement de ce corail, caractérisé comme « presque menacé », afin de savoir comment le préserver s’il subit des dommages à cause du changement climatique ou pour d’autres raisons anthropogéniques, comme son extraction dans un but artisanal.

La prochaine étape de Waller est de savoir comment les larves de corail d’eau froide sont affectées par le changement climatique, ce qui nous fournirait des informations essentielles sur l’avenir de cette espèce fragile.


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