Le Chili est un haut lieu de l’astronomie, pour son ciel dégagé et l’éloignement de la lumière des villes du désert de l’Atacama. Le pays dispose de nombreux téléscopes permettant l’observation des astres.

Le télescope le plus grand du monde dans le désert d’Atacama

C’est sur le mont Armazones, dans le désert d’Atacama, à 3046 mètres d’altitude que fut construit le plus grand télescope du monde.

Un telescope international au Chili

Fruit de la coopération nord-américaine, européenne, asiatique, et bien évidemment chilienne, l’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), a finalement posé sa dernière antenne en 2014.

L’ALMA, situé dans le désert d’Atacama, plus précisément sur le Llano de Chajnantor (à une cinquantaine de kilomètres de San Pedro de Atacama), est le plus grand radio-téléscope du monde. Grâce à ses 66 antennes – ou radio téléscopes, les ingénieurs et astronomes à l’origine de ce projet espèrent qu’il apportera de nouveaux éléments-clé sur la formation de l’univers.
Il a la capacité d’un téléscope de 14 kilomètres de diamètres et a nécessité environ 1,4 milliards de dollars d’investissements. Il permet ainsi de voir 100 fois mieux que n’importe quel autre regroupement de téléscopes.
S’il a été inauguré officiellement en 2013, la première observation d’étoiles a été effectuée dès 2011.

Le télescope fut construit par l’Observatoire européen austral (ESO) pour un budget d’un milliard d’euros. Il a un diamètre de 39 mètres, pèsera 3000 tonnes et est situé sur un énorme dôme de 85 mètres de diamètre. L’ensemble des travaux devraient être achevés en 2024. Seize pays participent à ce projet dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, et bien sûr le Chili.

Un télescope très performant

Successeur de l’actuel Very Large Telescope (VLT), un ensemble de quatre télescopes aux miroirs de 8,2 mètres de diamètre se dressant au sommet du mont Paranal, ce super télescope va permettre de voir des objets 25 fois moins lumineux que son prédécesseur. En effet, plus la surface d’un miroir est grande, plus celui-ci collecte de lumière et rend visibles des objets faiblement lumineux. « Ce nouveau télescope va collecter à lui seul plus de lumière que tous les grands télescopes terrestres actuels réunis », a expliqué Tim de Zeew, directeur général de l’ESO. Ainsi, les scientifiques vont multiplier par cinq l’accès à l’univers observable !

 

Le télescope européen aura un miroir principal composé de centaines de petits miroirs hexagonaux, un peu comme l’œil à facettes des insectes. Ce sont en effet 798 miroirs hexagonaux de 1,45m de diamètre qui vont former cet œil gigantesque tourné vers le ciel. Le LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille) est impliqué dans la conception du spectrographe HARMONI (notamment pour la partie optique adaptative) ainsi que du spectrographe multi-objets MOSAIC qui équiperont ce télescope et permettront d’analyser des astres lointains en décomposant leur lumière.

Un télescope permettant de rechercher la vie sur d’autres planètes

Avec un tel instrument, les astrophysiciens pourront aborder de nombreux sujets d’étude, comme la recherche de la vie à la surface d’exoplanètes (c’est à dire des 3 600 planètes répertoriées qui tournent autour des 100 000 milliards d’étoiles de notre galaxie), l’étude de la nature de l’énergie noire et de la matière noire, l’exploration des premiers instants de l’Univers. L’objectif sera de remonter aux confins de notre univers vieux de 13,7 milliards d’années avec des images quinze fois plus précises que le télécospe spatial Hubble.

Le Chili, endroit propice à l’astronomie

Bénéficiant d’un ciel totalement dégagé une grande partie de l’année, dans un air sec et froid, le nord du Chili abrite déjà les plus importants télescopes au monde, espérant concentrer 70% de l’infrastructure astronomique mondiale d’ici 2020.

Pourquoi dans le désert d’Atacama ?

Tout d’abord, pour des raisons d’altitude : les antennes, installées à plus de 5000 mètres d’altitude -même si le reste des infrastructures n’est qu’à 2900 mètres, sont au plus près de l’univers.

Ensuite parce le désert d’Atacama est connu pour sa sécheresse extrême : en moyenne, il y pleut moins de 100 mm par an. Il n’y a donc pas de pollution visuelle due à l’humidité atmosphérique. Le ciel de l’Atacama est l’un des plus clairs du monde !

Le désert d’Atacama offre également assez d’espace pour un projet de grande envergure, justement parce que c’est un désert.

Le village le plus proche est à 50 kilomètres de distance, il n’y a donc pas de pollution lumineuse et radiophonique : l’avantage d’être au milieu de nulle part !

L’ALMA devait être construit dans l’hémisphère sud parce que le ciel austral est particulièrement intéressant à observer : entre autres, on peut y voir le centre de la galaxie et les nuages de Magellan.

Pourquoi ce projet est particulièrement remarquable ?

L’ALMA est particulièrement remarquable car c’est un projet global.
D’une part, parce qu’il est le résultat d’une collaboration d’institutions venant des quatre coins du monde, qui ont compris qu’un projet d’une telle envergure nécessitaient les moyens financiers et les connaissances du monde entier.

D’autre part parce que scientifiques et astronomes de toutes nationalités peuvent postuler pour l’utiliser, et que parce que les données produites seront finalement – après un an, à disposition du public.

Site internet de l’ALMA

Opportunités touristiques au Chili grace à l’astronomie

Si l’ALMA n’est pas encore ouvert au public – et ne le sera probablement pas avant longtemps, d’autres observatoires réputés vous ouvrent leurs portes.
Désireux d’observer les étoiles du ciel austral ? Vous avez plusieurs possibilités :

– En Atacama, nous vous proposons l’excursion du ciel austral au Space Obs, observatoire du célèbre astronome français Alain Maury. Entre plaisanteries, explications à la fois ludiques et techniques, et boissons chaudes à la fin, cette excursion est un must si vous passez par San Pedro.

– Dans le Petit Nord, vous avez l’opportunité de faire le tour des observatoires de la région, et de dormir à l’Elqui Domos, la tête dans les étoiles !