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Une campagne sans passion


On peut observer l’émergence d’une campagne sans passion au Chili, à seulement trois semaines des élections présidentielles et parlementaires du 17 novembre, pendant lesquelles le successeur du gouvernement de droite de Sebastián Piñera sera élu.

- “Le résultat des élections peut déjà être prédit, et la bataille pour la deuxième place n’est pas très intéressante », a dit à l’ANSA le directeur du Centre de Réalité Contemporaine (CERC), Carlos Hunneus, faisant allusion à la candidate favorite de la Nueva Mayoría (Nouvelle Majorité), Michelle Bachelet, qui figure, dans tous les sondages, très en avance sur sa principale adversaire, la candidate de droite Evelyn Matthei.
L’ex-présidente, ajoute-t-il « est très aimée », et se différencie par là d’un gouvernement très impopulaire, « dont le président, Piñera, sème la discorde et se soucie davantage de ses projets personnels », faisant référence à ses intentions de revenir à la Moneda en 2017. « La droite se porte très mal et se sont arrachés les cheveux sur le choix de leur représentant » avec trois candidats successifs aux élections présidentielles ces derniers mois, a-t-il déclaré.

- Le premier candidat de la droite a été l’ancien ministre indépendant de l’Industrie Minière Laurence Golborne, qui a dû renoncer à cause du faible soutien qu’il a reçu, en plus de la polémique qu’il a soulevée lors de l’affaire des capitaux déposés dans des paradis fiscaux.

- L’ancien ministre de l’Économie et l’un des hommes politiques les plus habiles de la droite, Pablo Longueira lui a succédé. Il a triomphé lors des primaires mais, atteint d’une grave dépression, il a démissionné.

- Depuis, la figure de l’ancienne ministre du Travail Evelyn Matthei a fait son apparition, soutenue par le gouvernement, mais qui ne parvient pas à réunir 20% des votes. Cette dernière semaine, devant la menace de passer en troisième place, Evelyn Matthei a changé de stratégie : au lieu d’apparaître douce et proche des votants, elle a préféré porté un coup dur à son adversaire Franco Parisi.

- L’économiste indépendant s’est retrouvé pris au piège après que Matthei eut révélé les dettes qu’il a envers les employés de deux écoles dont il a été le directeur.

- La figure la plus attractive des élections présidentielles de 2009, le jeune Marco Enríquez, ex-socialiste et aujourd’hui représentant du Parti Progressiste, n’a pas non plus réussi à enchanter de nouveau les foules, et reconnaît même que « ces élections sont très difficiles et très différentes ».

- Ainsi, les publicités se font rares. Les activistes, exhibant fièrement les couleurs des candidats, à l’instar de ceux qui distribuent les tracts, sont quasi-inexistants. L’analyste politique Guillermo Holzmann explique « qu’avec 9 candidats, on aurait pu penser qu’il y aurait plus de débats, mais ce n’est pas le cas ».

- Lors de sa conversation avec ANSA, Holzmann ajoute que la communauté citoyenne a l’impression que le prochain gouvernement n’apportera pas de grand changement. Au Chili, « il n’y a pas de place ni pour des réformes profondes, ni pour des révolutions », a remarqué le spécialiste. Les partis politiques n’arrivent plus à mobiliser la population comme avant, et la plus grande incertitude de ces élections porte simplement sur l’avènement d’un second tour ou si Bachelet s’imposera dès le premier le 17 novembre prochain. […]
Pour Holzmann, il devrait y avoir un second tour pour des raisons de dispersion des voix entre les 9 candidats. De même, dit-il, le fait que Bachelet ait eu des difficultés pour établir son programme et qu’elle l’ait remis en retard, joue en sa défaveur.
Bachelet a pris le parti de garder le silence, ce qui, pour certains, représente pour une grande part le chilien moyen, qui ne recherche pas la confrontation, que les conflits assomment et qui veut que tout se résolve entre amis, à l’image de ce qu’a été la politique depuis 1990.

- Les demandes les plus radicales sont concentrées chez les candidats symboliques comme Roxana Miranda, représentante des peuples indigènes, l’économiste Marcel Claude, soutenu par le Parti Humaniste ; l’analyste international Ricardo Israel, représentant du Parti Régionaliste ; Alfredo Sfeir du Parti Écologique, et l’ex-démocrate-chrétien Tomás Jocelyn Holtz. Mais ces derniers ne couvrent pas 10% des voix, selon les sondages.

- L’hebdomadaire de gauche, Punto Final, résume la situation sur sa page internet ainsi « Bâillement électoral #8230 ; Indifférence, première majorité ».


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