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Le Dakar au Chili


La 6ème édition du Dakar en Amérique Latine est partie le 06 janvier de Rosario en Argentine et arrivera le 18 janvier à Valparaiso (Chili). Les participants auront parcouru entre 8700 (moto) et 9400 (voiture) kilomètres répartis sur 3 pays, l’Argentine, la Bolivie et le Chili.

Les deux favoris, en moto ou en voiture, sont des français : Stéphane Peterhausen, aussi surnommé Monsieur Dakar (il a 11 victoires à son compteur) et Cyril Despres. Le Chili est aussi de la partie : l’année dernière c’est le chilien Francisco Chaleco Lopez qui a pris la troisième place sur le podium.
Pour nous, français au Chili, cette édition promet d’être excitante !

Cependant, cette édition du Dakar est plus controversée qu’il n’y paraît. L’Equateur a, par exemple, refusé que le circuit passe par son pays à cause des dommages environnementaux et archéologiques qu’il implique.
En effet, si le Dakar a des impacts positifs indéniables, tels que la création d’emplois (même à court terme), la promotion touristique du Chili qui, contrairement à l’Argentine et à la Bolivie, en a bien besoin ; son passage est synonyme de répercussions néfastes.

L’exemple le plus caractéristique est le salar d’Uyuni (Bolivie), unique en son genre, ce qui en fait une ressource environnementale et touristique sans pareille : les véhicules du Dakar vont pourtant y passer beaucoup trop près.
Pour les trois pays plus globalement, les conséquences environnementales sont catastrophiques : érosion, dégradation des sols, dommages sur les côtes chiliennes encore relativement préservées, destruction de la faune, de la flore et de son habitat etc.

Par ailleurs, l’absence de participation des communautés locales dans la prise de décision du passage du Dakar pour ce qui est du Chili, lui donne un arrière-goût amer. Alors qu’il va marquer directement et au moins à moyen terme le développement économique, social et culturel de nombreuses communautés, ces dernières n’ont pas eu voix au chapitre.

Depuis 2011, un collège d’archéologues et de groupes écologiques a présenté des recours à la Cour Suprême du Chili pour empêcher le passage du Dakar dans l’Atacama où sont présents d’importants sites et vestiges archéologiques de civilisations précolombiennes. Ces recours ont été rejetés. Ainsi, les 500 véhicules du Dakar vont participer à la destruction irréversible de nombreux sites (environ 250 connus) dont la valeur est indicible.
C’est sans parler de l’arrivée du Dakar sur la place Sotomayor de Valparaiso, qui fait partie intégrante du Patrimoine Mondial de l’Humanité depuis 2003, et de tous les dégâts qu’elle va causer.
En savoir plus sur les dégâts patrimoniaux du Dakar

Le gouvernement semble encore une fois avoir priviliégié ses intérêts économiques au détriment de tout le reste.

Finalement, les organisateurs du Dakar ont décidé cette année d’élever le niveau, ainsi certaines parties du parcours ne seront pas balisées, les étapes seront plus longues etc ; ce qui le rend particulièrement dangereux. Le pilote argentin Chilo Sarmiento le dit lui-même :"Le Dakar est inhumain".
En savoir plus sur les conditions extrèmes du Dakar 2014 (en espagnol).

Loin de négliger les bénéfices, principalement économiques, que le Dakar apporte au Chili, un meilleur compromis aurait pu être trouvé entre apport économique et conservation d’un patrimoine historique et naturel unique. C’est trop tard pour cette année, mais réflechissons-y pour l’année prochaine !


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