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LES ÉGLISES DE CHILOÉ,
Patrimoine de l’humanité



Les églises de Chiloé représentent un remarquable exemple de fusion réussie entre des traditions culturelles européennes et indigènes, qui a porté à la création d’une forme d’architecture en bois tout à fait unique. La culture mestizo , née de l’activité des missionnaires jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles, s’est conservée intacte dans l’archipel de Chiloé ; ses extraordinaires églises en bois en sont l’expression la plus accomplie.

Au cours du XVIe siècle, les habitants de l’archipel de Chiloé, qui s’étend du canal de Chacao au golfe de Corcovado, menaient une vie sédentaire, fondée sur une économie combinant agriculture et pêche. Les navigateurs espagnols ont découvert l’archipel vers le milieu du XVIe siècle, mais sa colonisation n’a débuté qu’en 1567, lorsque Martín Ruiz de Gamboa fonda les villes de Santiago de Castro, de Chacao et de Isla Grande de Chiloé.

Après une visite d’exploration, en 1608, la Société de Jésus commença à envoyer ses membres entreprendre l’action d’évangélisation qui devait forger le faciès culturel de l’archipel. Au départ, ces missions n’étaient pas habitées de manière permanente, mais les Jésuites construisirent progressivement des chapelles et des maisons pour leurs membres, que les communautés locales bâtirent pour eux en utilisant les techniques et les matériaux locaux.

Ils engagèrent des gens du lieu, choisis dans les meilleures familles, les fiscales , qui étaient chargés de veiller sur l’église et son cimetière, et de faire face aux besoins spirituels de base de la communauté. Ils se conformaient ainsi à la tradition jésuite qui encourageait le développement actif de la vie sociale et religieuse par les communautés indigènes. Vers la fin du XIXe siècle, plus d’une centaine d’églises avaient ainsi été bâties, dont cinquante à soixante sont conservées aujourd’hui.

Parmi elles, quatorze forment le bien classé sur la liste du patrimoine mondial : Achao (Quinchao) ; Quinchao ; Castro ; Rilán (Castro) ; Nercón (Castro) ; Aldachildo (Puqueldón) ; Ichuac (Puqueldón) ; Detif (Puqueldón) ; Vilipulli (Chonchi) ; Chonchi ; Tenaún (Quemchi) ; Colo (Quemchi) ; San Juan (Dalcahue).

Les églises traditionnelles de Chiloé se trouvent près du rivage, face à une esplanade qui s’est souvent transformée en une véritable plaza (Achao, Dalcahue), mais qui n’est ailleurs qu’un espace ouvert délimité par des palissades ou par des arbres (Quinchao).

Sa taille est déterminée par l’importance des fêtes religieuses qui s’y déroulaient. Les églises, de vastes dimensions, présentent un toit pointu. Leur caractéristique principale est leur façade principale dotée d’une tour, donnant sur l’esplanade : elle est formée d’un portique d’entrée surmonté, au sommet, par un pignon ou par un fronton, et de la tour proprement dite, qui devint le centre du développement urbain de ces communautés.

Le portique, qui est un trait caractéristique des premières églises, manque dans celles construites au XXe siècle. La tour, structure verticale dominante, est à la fois un élément religieux sur lequel se dresse la croix et un point de référence pour les marins. Beaucoup d’entre elles ont deux ou trois étages, et présentent une forme hexagonale ou octogonale, de manière à réduire leur résistance au vent. Seule celle de Tenaún comporte de petites tours latérales.

Le plan de ces églises varie, mais la profondeur est toujours privilégiée par rapport à la largeur. Elles adoptent le plan basilical à trois nefs, dont seule la principale se prolonge jusqu’au mur postérieur. Les nefs sont séparées les unes des autres par de solides colonnes en bois qui reposent sur des blocs de pierre et soutiennent l’énorme poutre qui forme le faîte du toit.

Dans beaucoup de cas, la nef principale est couverte en berceau, tandis que les nefs latérales présentent des couvertures planes. Achao, avec son plafond segmenté, et Rilán, avec sa voûte en éventail, constituent de rares exceptions. Cette dernière est manifestement influencée par l’architecture gothique, tandis que d’autres présentent des traits empruntés à différents styles architecturaux majeurs - le classicisme à Chonchi, la Renaissance à Nercón et le baroque à Achao.

On trouve partout des preuves de la maîtrise chilote dans le travail du bois. L’aspect de ces églises et les matériaux employés n’ont subi presque aucun changement pendant quatre siècles.

Le décor des églises est riche et varié. Toutes ont été habilement insérées dans leur environnement naturel. Elles sont construites sur des collines, pour éviter d’être inondées pendant les périodes de fortes pluies, et surélevées par rapport au terrain. Leur côté nord est protégé contre les tempêtes, qui viennent généralement de cette direction. Ces structures entièrement fermées offrent un abri contre le vent et la pluie, souvent violents dans cette région.

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