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L’ILE DE ROBINSON CRUSOÉ EXISTE VRAIMENT !



par Eric Quillevere, fondateur de Terra Chile

L’archipel Juan Fernandez n’est pas encore connu du grand public. Et pourtant l’île principale de cet archipel (qui en compte trois) porte un nom familier : Robinson Crusoé !

Cette île nous intriguait et nous attirait depuis la fondation de Terra Chile, en 2008. Alors je m’étais promis d’aller y voir de plus près, mais plusieurs facteurs ont retardé ce voyage de reconnaissance jusqu’à aujourd’hui.

En particulier le tremblement de terre de février 2010, l’un des plus ravageurs de ces dernières années. Le tsunami qu’il provoqua se propagea jusqu’à l’île Robinson Crusoé, dont le seul village, situé dans la baie de Cumberland, fut totalement dévasté.
Les deux années suivantes ont été marquées par la douleur, puis la reconstruction pour les habitants de l’île, et ils sont maintenant prêts à recevoir des visiteurs. Il était donc temps de franchir les 600 kilomètres d’océan qui séparent l’île du continent.

En bateau, la traversée dure deux jours et il n’y en a qu’un par mois …
Le choix de l’avion s’impose comme une évidence, et pourtant les vols sont encore assez irréguliers et relativement chers.

C’est certes un frein au développement, mais cela permet en même temps de préserver de façon admirable ce joyau, qui serait sans doute bien différent s’il accueillait un tourisme de masse.

Me voilà donc à bord d’un Beechcraft B200 pour un vol de deux heures, sans encombres, avec à l’arrivée un superbe panorama sur l’île principale et sa toute petite sœur accolée : Santa Clara. L’atterrissage se fait dans la partie désertique de l’île, sur la pointe sud-ouest, mais le voyage ne s’arrête pas là car il faut rejoindre, en bateau, le village situé de l’autre coté de l’île.

Nous descendons donc à pied de l’aérodrome jusqu’à la baie où nous attend notre embarcation, et là, première surprise : la plage pullule de lions de mer qui se prélassent au soleil.

Le beau temps nous accompagne, et l’heure et demie de bateau nous permet d’apprécier le relief découpé de l’îlot volcanique, pendant que l’on passe progressivement d’une zone aride à une partie verte et boisée.
Nous croisons plusieurs bateaux de pêcheurs occupés à relever les casiers remplis de langoustes, je pense avec gourmandise au dîner de ce soir ...

Arrivés à l’embarcadère, il nous faut emprunter un dernier moyen de locomotion pour rejoindre l’hôtel : la mule. Non pas l’animal qui est utilisé pour le portage dans les Andes, mais sa version motorisée qui ressemble à une voiture de golf surpuissante et 4x4 qui passe partout, surtout dans les étroits chemins qui entourent le village.

Le voyage, long et varié, a déjà été une vraie aventure en soi.
L’arrivée dans notre superbe hôtel, isolé de tout, parachève la sensation d’être seul au monde.

Une fois le sac posé dans la chambre, j’empoigne masque et tuba, et direction la petite plage qui se trouve en contrebas de l’hôtel. L’eau est un peu fraîche, 20 degrés, aussi je revêts une combinaison et me jette à l’eau.

Quel spectacle ! J’évolue dans un immense aquarium naturel, parmi des milliers de poissons multicolores (dont la vidriola, une espèce locale qui sert de base à l’alimentation sur l’île). Les lions de mer viennent aussi faire les curieux, il y en a dans chacune des huit baies qui ponctuent l’île et qui sont autant de spots de plongée.

Cette proximité avec la faune sous-marine constitue le principal attrait de l’île.
Mais on peut également accompagner les pêcheurs et participer avec eux à la pose ou au relevage des filets.

Notre guide s’appelle Francisco, il est né sur l’ile il y a 30 ans, sans eau courante ni électricité, et après avoir fait des études de tourisme sur le continent, il est revenu sur son ile pour la faire découvrir aux voyageurs. C’est donc avec lui que nous avons sillonné les différents chemins qui partent du village et montent vers les hauteurs de l’île.

On peut aussi les emprunter à cheval, mais cela ne permet pas d’observer la flore, notamment plus de cent espèces endémiques qui attirent des spécialistes et botanistes de toutes parts, curieux de voir comment elles ont évolué dans ce milieu préservé. Cette diversité est d’autant plus intéressante qu’elle varie selon les coins, les randonnées de chaque jour sont donc différentes.

La plus belle à mon goût est celle qui monte au mirador de Selkirk : après deux heures de marche à l’ombre de la végétation, on parvient à un col qui offre une vue panoramique unique sur les deux côtés de l’île.

Cette randonnée permet également de suivre les pas d’un infortuné marin écossais, Alexander Selkirk, dont les mésaventures ont fournit à Daniel Defoe l’inspiration pour son célèbre roman "Robinson Crusoé".

Pour manquement à la discipline, Selkirk fut abandonné sur l’île en 1704, absolument seul ! Pour guetter l’arrivée d’un navire qui viendrait mettre fin à sa réclusion, il montait quotidiennement au sommet de l’île, ce point de vue qui porte aujourd’hui son nom. L’attente fut longue : quatre ans et quatre mois !

Depuis l’île a été peu colonisée, les quelques familles qui s’y sont installées vivent paisiblement, un peu hors du temps, cela en fait un petit coin perdu, préservé.

Le moment du départ arrive trop vite. Heureusement, j’ai pu emporter avec moi un souvenir de mon voyage, à déguster en famille. Ce soir au menu à Viña del Mar : langouste !!


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